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vendredi 22 août 2008

LES REGIMES DE RECHERCHE

"De ce point de vue, le cadre conceptuel des régimes de recherche, selon l’historien et sociologue Terry Shinn, donne une alternative beaucoup plus intéressante 4. Il fait l’hypothèse que plusieurs régimes de recherche se sont succédé depuis la création de l’université moderne par Willhelm Von Humboldt au début du dix-neuvième siècle. On distingue les régimes de recherche, d’une part, par la manière dont les professeurs sélectionnent leurs axes de recherche et, d’autre part, par les marchés sur lesquels ils diffusent leurs productions. Les régimes de recherche permettent d’expliquer la production matérielle et intellectuelle des professeurs ; car ils les mettent en relation avec les formes d’organisations sociales, dont font partie, par exemple, les réseaux des professeurs mis en place pour échanger avec leur milieu."

Extrait d'un bilan de "Journée d’Étude du RESUP, Science Po, Paris le 9 Juin 2005", p.1
Le reste de l'article sur: www.resup.u-bordeaux2.fr/manifestations/journeesciencepoparis/communications/jfauger.pdf

Aurelia

La Recherche scientifique

Selon FRASCATI, il existe trois sortes de recherches :
*la recherche fondamentale, en vue de découvrir de nouvelles connaissances ;
*la recherche appliquée, dirigée vers un but pratique;
*la recherche de développement ou technologique basée sur l’application des connaissances par la fabrication de produits ou de nouveaux matériaux.
Elle évolue dans différents lieux, surtout en laboratoires privés ou publics. Ils sont regroupés au sein d’institutions plus larges et financés en grande partie par des fonds privés, sous différentes formes (à travers les salaires des personnels ; par projets ; par contrats, brevets…)
La recherche se concrétise sous diverses formes de connaissances (revues scientifiques ; ouvrages collectifs ; brevets ; machines et instruments) qui ont des retombées sur notre société
*technologiques : création de nouvelles machines…
*stratégiques et géostratégiques : certaines technologies sont mises en services contre des privilèges…
*sociétales : amélioration des conditions de travail…


Les chercheurs scientifiques, financés par l'État ou par des entreprises privées pour se consacrer à leurs travaux, dont le statut en tant que métier n’est reconnu que depuis XXe siècle, évoluent dans cette organisation. Ils sont confrontés à des questions éthiques dans la pratique même de leurs activités ainsi que dans leurs résultats.
D’abord sur les limites posées en terme de découvertes scientifiques . Jusqu’où peuvent ils expérimenter?Qui pose ces limites ?
Ensuite, le financement et le pilotage des recherches doivent leur permettre une certaine autonomie afin d’éviter des résultats implicites et dont toute la population ne pourrait bénéficier. La recherche n’est pas sans toucher des intérêts politiques ou commerciaux. Un certain équilibre doit donc exister entre pilotage extérieur et décisions des chercheurs. Pour cela les capitaux investis ne doivent pas être que privés. Quelle législation existe sur le pilotage et le financement des recherches en France et en Europe ?
Enfin, le mode de financement du travail, des chercheurs renvoie à l’évaluation des travaux, en terme de fiabilité scientifique ou non. L’erreur en recherche scientifique est essentielle à la production de connaissances mais la fraude est à but lucratif ou personnel. Où se situe la marge entre les deux ? Est-ce que la communauté scientifique ou les gouvernements en place sont dotés d’organes capables de discerner les duperies possibles ?

Sources: http://fr.wikipedia.org/wiki/Recherche

Aurelia

Questionnements sur la recherche scientifique

Les connaissances scientifiques proposent des modèles explicatifs provisoires, de la réalité. Provisoires car ils doivent êtres démontrés , expérimentés pour être considérés comme fiables, jusqu’à ce que de nouvelles informations les modifient. (cf Albert JACQUARD)
Ces connaissances sont crées, trouvées et acceptées comme fiables dans le cadre de recherches scientifiques. Comment s’organise la recherche scientifique ? Dans quels lieux se développe-t-elle ? Qui la finance ? Qui choisit les axes abordés ?Qui participe à l’évolution des connaissances ? Est-ce qu’il existe un cadre, une ou des instances qui vérifient continuellement la fiabilité des connaissances ? Si oui, qui décide de la constitution de cette dernière ?

Aurelia

vendredi 1 août 2008

A la découverte de la “culture scientifique”

Michel Vancassel, Rennes, janvier 2006
ancien chercheur CNRS en éthologie à l'Université de Rennes 1

Utilisez le lien
http://cst.univ-rennes1.fr/digitalAssets/13041_CST_Vancassel.pdf


"L'éthologie constitue un lieu de convergence de diverses disciplines : généticiens, physiologistes, psychologues, etc., contribuent, chacun à leur manière, à comprendre le comment et le pourquoi des comportements. L'éthologie est prête à se servir de toutes ces disciplines, depuis l'embryologie jusqu'à l'ethnologie, pour atteindre son objectif : la recherche des schèmes comportementaux universels interspécifiques."
(La recherche en éthologie. Jean-Pierre Desportes et Assomption Vloebergh. Paris, Seuil, 1979, p. 7)

mardi 29 juillet 2008

Science, religion et métaphysique

http://atheisme.free.fr/Religion/Metaphysique_science.htm

Utilisez le lien ! Le tableau vous permet de comparer selon leurs principales caractéristiques ces trois grands fournisseurs de réponses que sont la religion, la métaphysique et la science.

Science et Réligion

"La démarche scientifique n'utilise pas le verbe croire; la science se contente de proposer des modèles explicatifs provisoires de la réalité; et elle est prête à les modifier dès qu'une information nouvelle apporte une contradiction. Pourquoi les religions n'en feraient-elles pas autant ?" (Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)


http://atheisme.free.fr/index.html

Une définition de la science
Une science est l'ensemble des connaissances théoriques et pratiques sur un domaine donné, sur une catégorie de phénomènes ou d'objets. Ces connaissances sont bâties soit sur des principes évidents ou démontrables, soit sur des raisonnements vérifiés par l'expérimentation. Il y a presque autant de sciences, de spécialités scientifiques, que de domaines étudiés, mais les méthodes générales d'acquisition de ces connaissances sont les mêmes. Une connaissance est dite scientifique s'il est possible de la contrôler par des faits, par l'expérience. Elle est vérifiable et objective.La science désigne l'ensemble des sciences définies ci-dessus. L'épistémologie est la philosophie et la théorie des sciences. C'est l'étude des méthodes d'acquisition des connaissances scientifiques et des problèmes qu'elles soulèvent. L'épistémologie s'efforce de dégager une méthode universelle qui unifierait toutes les démarches scientifiques.La science s'oppose à l'opinion qui est une affirmation arbitraire et subjective par définition. L'opinion se fonde sur un sentiment vague de la réalité, sans connaissance scientifique de celle-ci.On peut distinguer plusieurs sortes de sciences :

Les sciences formelles :
C'est le cas des mathématiques et de la logique qui s'appuient sur des axiomes et des déductions. Il n'y a pas de vérification par l'expérience.
Les sciences expérimentales ou empiriques :
physique, chimie, sciences de la nature, biologie, médecine. Elles cherchent à établir à l'aide de mathématiques des "lois" ou des rapports constants (les mêmes causes produisent les mêmes effets), pour décrire les relations entre différents phénomènes. Les travaux sont validés par des contrôles expérimentaux.
Les sciences humaines :
psychologie, sociologie, histoire, linguistique, politique, etc. lorsqu'on leur applique les méthodes et le langage des sciences expérimentales. Elles deviennent alors un cas particulier des sciences naturelles. La nature même de leur objet - l'homme - et leur complexité ont conduit le positivisme, fondé par Auguste Comte, à les placer au sommet de la hiérarchie des sciences. Lorsque les sciences humaines sont fondées non sur l'expérimentation ou la compréhension objectives des phénomènes, mais sur l'interprétation des intentions humaines, on parle d'herméneutique (ex : symboles religieux, mythes, émotions, art...).

Remarques sur les sciences formelles
Les mathématiques et la logique ne sont pas des sciences comme les autres. Elles sont rigoureuses, précises, certaines; cependant, elles ne sont porteuses d'aucune connaissance réelle. On peut les considérer comme des outils, des instruments, pouvant être utilisés autant par les sciences expérimentales que par d'autres activités humaines. En fait, il s'agit, à proprement parlé, d'un langage, d'une construction linguistique vide de tout contenu, qui permet de manipuler des objets et de les mettre en relation les uns avec les autres.Pour les mathématiques, la notion d'existence correspond uniquement à l'absence de contradiction engendrée par un énoncé. Ce n'est pas une existence réelle, mais purement formelle.

Remarques sur les sciences du réel
En ce qui concerne les énoncés relatifs à la réalité (par opposition aux sciences formelles), leur vérité ou fausseté ne peut être établie que si l'on a recours à l'expérience, c'est-à-dire à l'observation directe ou indirecte. Une philosophie ou une argumentation métaphysique bâtie sur une construction logique, rationnelle, rigoureuse, cohérente, n'est donc pas pour autant une connaissance scientifique. Elle n'a, en effet, pas de lien avec le réel et ne peut être soumise à l'observation.Il est, en outre, généralement admis qu'un énoncé scientifique n'a un sens que si l'on peut préciser par quelle expérimentation on pourrait le contrôler. Il ne suffit donc pas qu'un énoncé soit cohérent, logiquement ou grammaticalement, il ne doit pas pouvoir échapper à l'alternative du vrai et du faux.

Les réponses apportées par la religion
De tout temps l'homme s'est posé des questions sur la nature, sur la vie, sur lui-même... Son besoin de connaissance est immense et va croissant. Dès qu'une question est résolue, une autre, dix autres surgissent.La religion, la première, a tenté d'apporter des réponses à ces questions, le plus souvent sous forme de certitudes puisées dans une Révélation divine (cas des grands monothéismes).L'usage de rationalité et la libération progressive de la pensée de l'emprise des religions ont permis à la métaphysique d'échafauder des théories explicatives, certes basées sur un raisonnement logique mais purement spéculatif car inaccessible à l'expérimentation.Au siècle des "Lumières", les sciences qui entraient dans leur époque moderne, ont pris conscience de l'impossibilité, en raison des limites mêmes de la condition humaine, d'acquérir des connaissances au-delà de l'expérience et donc de la vanité de la quête de l'absolu.La science, par ses méthodes, sa rigueur, son humilité (elle ne prétend pas donner des réponses immuables ou des certitudes), ses résultats concrets et vérifiables expérimentalement, donne des réponses qui sont quasi universellement admises (quasi, car il existe encore des créationnistes !). Les domaines couverts par la science sont de plus en plus larges, ce qui oblige les religions et la métaphysique à se repositionner régulièrement par rapport à elle.La curiosité et l'intérêt de l'homme pour ce qui l'entoure sont tels que les questions qui ne sont pas encore résolues par la science ne sont pas prêtes de s'épuiser. La religion et la métaphysique, qui se nourrissent de l'ignorance des hommes, ont encore du grain à moudre. La critique obstinée des vérités "révélées" par les religions ou des abstractions réifiées, puis déifiées par la métaphysique, est un combat indispensable pour que l'homme puisse réellement prendre entre ses mains sa destinée et rendre le monde plus humain.

La résolution 1580 sur les dangers du créationnisme dans l’éducation

adoptée par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, le 4 octobre 2007
http://assembly.coe.int/Main.asp?link=/Documents/AdoptedText/ta07/FRES1580.htm

Extraits
1. L’objectif de la présente résolution n’est pas de mettre en doute ou de combattre une croyance – le droit à la liberté de croyance ne le permet pas. Le but est de mettre en garde devant certaines tendances à vouloir faire passer une croyance comme science. Il faut séparer la croyance de la science. Il ne s’agit pas d’antagonisme. Science et croyance doivent pouvoir coexister. Il ne s’agit pas d’opposer croyance à science, mais il faut empêcher que la croyance ne s’oppose à la science.
2. Pour certains, la création, reposant sur une conviction religieuse, donne un sens à la vie. Toutefois l’Assemblée parlementaire s’inquiète de l’influence néfaste que pourrait avoir la diffusion de thèses créationnistes au sein de nos systèmes éducatifs et de ses conséquences sur nos démocraties. Le créationnisme, si l’on n’y prend garde, peut être une menace pour les droits de l’homme qui sont au cœur des préoccupations du Conseil de l’Europe. […]
5. Les créationnistes remettent en cause le caractère scientifique de certaines connaissances et présentent la théorie de l’évolution comme une interprétation parmi d’autres. Ils accusent les scientifiques de ne pas fournir de preuves suffisantes pour valider le caractère scientifique de la théorie de l’évolution. A contrario, les créationnistes défendent la scientificité de leurs propos. Tout ceci ne résiste pas à une analyse objective. […]
7. Le risque est grand, en effet, que ne s’introduise dans l’esprit de nos enfants une grave confusion entre le registre des convictions, des croyances, des idéaux de tout type et le plan de la science. Une attitude « tout se vaut » peut être d’apparence sympathique et tolérante mais en réalité dangereuse. […]
9. L’Assemblée a constamment affirmé que la Science faisait partie de ses fondements. La Science a permis une amélioration considérable des conditions de vie et de travail, et est un facteur non négligeable de développement économique, technologique et social. La théorie de l’évolution n’a rien d’une révélation, elle s’est construite à partir des faits.
10. Le créationnisme prétend à la rigueur scientifique. En réalité, les méthodes utilisées par les créationnistes sont de trois types : des affirmations purement dogmatiques, l’utilisation déformée de citations scientifiques illustrées parfois par de somptueuses photos et le recours à la caution de scientifiques de renom qui ne sont, la plupart du temps, pas spécialistes de ces questions. Par cette démarche, les créationnistes entendent séduire et distiller le doute et la perplexité dans les esprits des non-spécialistes. […]
15. L’ensemble des phénomènes concernant l’enseignement des évolutions en tant que théorie scientifique fondamentale est donc essentiel pour l’avenir de nos sociétés et de nos démocraties. À ce titre, il doit figurer de façon centrale dans les programmes généraux d’enseignement, et notamment au cœur des programmes scientifiques, aussi longtemps qu’il résiste, comme toute autre théorie, à une critique scientifique rigoureuse. […]
16. L’importance de l’enseignement du fait culturel et religieux a déjà été soulevée par le Conseil de l’Europe. Les thèses créationnistes, comme toute approche théologique, peuvent éventuellement, dans le respect de la liberté d’expression et des croyances de chacun, être exposées dans le cadre d’un apprentissage renforcé du fait culturel et religieux mais elles ne peuvent prétendre à la scientificité.
17. La Science est une irremplaçable école de rigueur intellectuelle. Elle ne prétend pas au « pourquoi des choses » mais cherche à comprendre le « comment ». […]
19. En conséquence, l’Assemblée parlementaire encourage les États membres et en particulier leurs instances éducatives :19.1. à défendre et à promouvoir le savoir scientifique ;
  • 19.2. à renforcer l’enseignement des fondements de la science, son histoire, son épistémologie et ses méthodes, aux côtés de l’enseignement de connaissances scientifiques objectives ;
  • 19.3. à rendre la science plus compréhensive, plus attractive, plus proche des réalités du monde contemporain ;
  • 19.4. à s’opposer fermement à l’enseignement du créationnisme en tant que discipline scientifique, au même titre que la théorie de l’évolution et en général à ce que des thèses créationnistes soient présentées dans tout cadre disciplinaire autre que celui de la religion ;
  • 19.5. à promouvoir l’enseignement de l’évolution en tant que théorie scientifique fondamentale dans les programmes généraux d’enseignement.

vendredi 25 juillet 2008

la fonction critique de la connaissance-johanna SILVESTRI


Notre monde s'enrichit de jour en jour de nouvelles connaissances qui sont apportées par le biais des autres qui nous apportent leurs propres connaissances et que nous partageons.
Celles-ci se transmettent de génération en génération mais comme tout, nos connaissances et la science qui en résulte sont en constante évolution.
Mais comment ces connaissances et la science peuvent elles évoluer ? Et bien c'est le fait de toujours remettre en question et de critiquer la science qui l'enrichit et qui lui permet d'avancer.
On peut prendre tout les exemples que l'on veut dans notre Histoire : plus personne aujourd'hui ne peut affirmer que la terre est au centre de l'univers ! Que la terre est plate !!! Que si l'on est né aveugle ou malade c'est à cause des péchés de nos aïeux ! que les feux-follets sont l'oeuvre des esprits qui peuplent les landes !!! et je pourrais citer beaucoup de connaissances erronées.
Si aujourd'hui le niveau de vie de l'Europe est ainsi c'est grâce a la recherche et à la science que de nombreux savants n'ont pas cessés de remettre en question !
C'est d'ailleurs ce que disait Hans-Georg Gadamer qui réclamait une réflexion sur le rôle de la science pour l'avenir de l'Europe. Il affirmait que " la science elle-même a déterminé l'Europe dans sa nature et son devenir historique, qu'elle définit les limites de ce qu'on appelle "européen". C'est dans la seule Europe que cette figure spécifique de l'esprit qu'est la science a pu se constituer en création de culture autonome." et il conclut "le devenir de la science a formé l'Europe".
En effet notre qualité de vie a été beaucoup améliorer par la recherche, la science et la médecine.
C'est pourquoi je pense que l'on ne doit pas arrêter les recherches dans les domaines de la médecine, du développement durable et que la science doit avoir une place très importante dans la société de la connaissance car c'est elle qui nous a permis d'en arriver là : toutes les avancées de la médecine comme le vaccin contre la rage, contre le tétanos mais aussi la diminution considérable de la tuberculose, et l'augmentation de notre hygiène de vie... toutes les innovations technologiques d'ailleurs Bronislaw Geremek, professeur de civilisation européenne disait : "c'est bien l'esprit d'innovation qui semble être intimement associé à l'Europe. Elle a su introduire des technologies nouvelles dans l'agriculture médiévale, utiliser la force du vent, développer des techniques militaires, créer des écoles et des universités, utiliser le charbon, le fer et l'acier, générer des révolutions industrielles, former des sociétés savantes pour promouvoir les science, profiter de son propre génie d'invention et des inventions des autres civilisations" et j'en passe.
Tout ça nous le devons aux connaissances acquises et remises en question et à la science. Et l'on doit se battre pour que les états continuent à financer la recherche qui nous a tellement améliorer la vie.

mardi 15 juillet 2008

Nouvelles conditions de vie

Stratégie d’adaptation au réchauffement climatique proposée par l’ONERC
http://aooay.org/?Strategie-d-adaptation-proposee

Observatoire National des Effets du Réchauffement climatique
publié par ANTON, le vendredi 19 août 2005


Il est difficile d’imaginer à quel point la culture, les techniques, et les organisations sociales dépendent des conditions climatiques. Le travail de l’observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC) a consisté à définir une politique d’adaptation afin d’affronter dans les meilleurs conditions les impacts du changement climatique
Les effets tant redoutés du réchauffement climatique feront bientôt partie de notre quotidien et nous constatons déjà un certain nombre de conséquences qui ne feront que s’amplifier dans l’avenir. Les organisations internationales insistent aujourd’hui sur ce qui doit être mis en œuvre pour éviter les dérèglements climatique par la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre. Cependant, ces dérèglements seraient inévitables du fait de l’inertie du réchauffement climatique et supposeraient de notre part une adaptation.
En France, le réchauffement attendu à la fin du 21ième siècle est beaucoup plus important que celui déjà observé (augmentation attendue de 4 à 7°C pour les températures de fin de nuit en été). Toujours en France, les projections climatiques illustrent ainsi que l’épisode caniculaire de 2003, qui n’avait pratiquement aucune chance de se produire au cours du 19ième siècle , correspondra à des étés normaux d’ici la fin du siècle. Selon l’observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), une adaptation de notre part est donc nécessaire face à ces changements de climat qui induiront des changements de température, de régimes des précipitations et des tempêtes, des dérèglements des niveaux de la mer, de la ressource en eau, qui remettent en question les habitudes. Il est difficile d’imaginer à quel point la culture, les techniques, et les organisations sociales dépendent des conditions climatiques. La mission de l’ONERC est donc de proposer une politique d’adaptation afin d’affronter dans les meilleurs conditions les impacts du changement climatique. Les résultats des travaux engagés ont été présentés dans le rapport du 8 juillet 2005 intitulé « Stratégie d’adaptation au changement climatique » qui a été soumis à consultation publique sur le site du ministère de l’écologie. Le document finale, adopté le 2 juin 2006 par le Conseil d’orientation de l’ONERC, est disponible en téléchargement à l’adresse suivante : ecologie.gouv.fr
Exemples d’adaptations nécessaires
Un certain nombre d’activités humaines, sensibles aux conditions météo, ont déjà une culture étendue d’une certaine adaptation au climat : agriculture, production d’énergie, transports, bâtiments. Cela dit, le changement climatique attendu modifiera fortement les données du problème.
L’agriculture connaîtra des changements de répartition géographique des espèces (disparition d’une espèce au profit d’une autre dans tel ou tel secteur), et vraisemblablement une augmentation du potentiel de production, sous réserve que l’eau soit disponible.
La demande d’énergie électrique augmentera en été du fait des besoins en climatisation. En France, cette énergie provient à 82% des centrales nucléaires qui dépendent elles aussi fortement de la disponibilité en eau pour le refroidissement.
Les transports routiers ou ferroviaires devront être adaptés au changement climatique.
Pour le bâtiment, le réchauffement constitue un avantage puisque qu’il entraîne une diminution des besoins en chauffage. A l’inverse, dans les habitations, le confort d’été est une préoccupation importante.
Le changement climatique devrait également influer sur la compétitivité touristique des territoires. La ressource en eau est là aussi un facteur déterminant dans le potentiel de production touristique. Que deviennent les clients des stations de moyenne montagne si celles-ci ne sont plus enneigées ? La baisse de l’enneigement met en péril l’économie des stations de moyenne altitude. La parade actuelle consiste à stocker les eaux de surface et à investir dans les canons à neige (à forts coûts énergétiques). Devant des activités qui sont condamnées à long terme, ne mieux vaut-il-pas envisager une reconversion touristique ? Il semble plus logique de mobiliser les investissements publics pour aider cette reconversion que d’imaginer parer aux changements des conditions climatiques par leur pérennisation artificielle. L’ONERC parle d’une stratégie dite « sans regret »
Les ressources en eau seront sollicitées par le développement de l’irrigation dans les régions plus septentrionales. On assistera également à une anticipation des phénomènes d’étiage liés notamment au niveau d’enneigement des glaciers dont la fonte constitue le réservoir des rivières méridionales. On assistera également à un accroissement de l’évapotranspiration. Globalement, le réchauffement climatique devrait augmenter les phénomènes de sécheresse, et la sécheresse concoure en parallèle à l’augmentation du réchauffement climatique (augmentation des émissions de gaz à effet de serre et diminution du potentiel de consommation des mêmes gaz).
Les forêts seront également menacées du fait de l’évolution des feux de forêts en période estivale et du régime des tempêtes.
Pour en savoir plus, consultez le rapport « Stratégie d’adaptation au changement climatique ». Les 30 premières pages suffisent à cerner le problème.
Notre réflexion : Si la stratégie d’adaptation proposée par l’ONERC semble nécessaire à la lumière des enjeux précités, n’y a-t-il pas là un risque d’aggraver le manque de courage politique dont fait preuve la France dans la lutte contre l’effet de serre ? car aujourd’hui les solutions techniques pour stopper le réchauffement climatique existent ou sont à porté de main, mais leur mise en œuvre nécessite une volonté qui pour l’instant manque cruellement. C’est pourquoi, à notre sens, la stratégie proposée doit évoluer vers ce que l’on pourrait qualifier une adaptation active au réchauffement climatique. Cette stratégie d’adaptation devra être traitée en même temps que l’atténuation du réchauffement climatique, et non de façon séparée. Car comment serait il possible d’essayer de s’adapter à un changement du climat tout en voulant conserver un mode de vie autant demandeur de ressources naturelles ? A titre d’exemple, la ressource en eau et l’énergie électrique disponible diminueront vraisemblablement avec le réchauffement climatique (l’énergie électrique est fournie à 82% par les centrales nucléaires nécessitant de grandes quantités d’eau, l’énergie hydroélectrique dépend également de forts débits de rivières). Il est nécessaire de s’adapter également à ces déficits prévisibles de ressources.
Aujourd’hui, le gouvernement se borne à agir en périodes de crises et demande aux français de faire des efforts pour limiter les dégâts prévisibles à court-terme : limiter la consommation d’eau et la consommation d’énergie électrique en période de sécheresse, encourager la climatisation d’origine électrique en période de canicule, limiter la vitesse des voitures en période de pollution ou en période d’inflation du pétrole etc... Ces restrictions doivent dès à présent être engagées sur le long terme, dans le sens d’une réduction à la fois des besoins en ressources naturelles et des émissions de gaz à effets de serre.
Sur ce dernier point, il y un sujet qui n’a pas été développé dans le rapport de l’ONERC. Une technique qui représente une sur-consommation d’environ 20% de carburant dans un véhicule et qui est un moyen d’adaptation à part entière puisque considéré par tout un chacun comme « une option » désormais indispensable. La climatisation ! Qui aujourd’hui pourrait se passer de la clim dans la voiture ? Une adaptation active aux nouvelles conditions climatiques supposerait l’utilisation de transports qui n’induisent pas d’émissions de CO2 supplémentaires. La question : quels sont-ils ?

La connaissance scientifique

La connaissance scientifique
http://lebachelier-philosophe.nuxit.net/03corriges_l/textesanalyses/laconnaissancescientifique.doc

Il semble que le savoir scientifique acquis soit toujours essayé, toujours contrôlé, toujours critiqué. Un peu de doute potentiel reste toujours en réserve dans les notions scientifiques (…). On ne l’élimine pas par une expérience réussie. Il pourra renaître, s’actualiser quand une autre expérience est rencontrée. Et, précisément, à la différence de la connaissance commune, la connaissance scientifique est faite de la rencontre d’expériences nouvelles ; elle prend son dynamisme de la provocation d’expériences qui débordent le champ d’expériences anciennes. On n’est donc jamais sûr que ce qui fut fondamental le restera. Le dogmatisme scientifique est un dogmatisme qui s’émousse. Il peut trancher un débat actuel et cependant être dans l’embarras quand l’expérience enjoint de « remettre en question » une notion. Tout savoir scientifique est ainsi soumis à une auto-critique. On ne s’instruit, dans les sciences modernes, qu’en critiquant sans cesse son propre savoir.
Bachelard
Au 18e siècle Newton développe la théorie de la mécanique sur l’espace et le temps considérés comme absolus. Au 20e siècle, Einstein bouleverse cette approche dans la Relativité en considérant que temps et espace sont relatifs l’un à l’autre. D’une époque à l’autre, les connaissances scientifiques se contredisent. Ces contradictions sèment le doute. Quelle est la caractéristique essentielle de toute science moderne ?
Dans ce texte, Bachelard souligne cette spécificité : le savoir scientifique s’auto-critique sans cesse. Sa réflexion s’organise autour de trois parties et de trois concepts : l’expérience, la connaissance commune et le dogmatisme. Si la démarche expérimentale est toujours sujette à des remises en cause, pourquoi ? Il s’agit d’analyser les limites de l’induction et son dépassement dans la déduction.
La première partie explique cette critique incessante par le recours à l’expérience. La connaissance scientifique fait toujours référence à la vérification expérimentale. L’expérimentation est l’ensemble des procédures expérimentales qui permettent de valider une hypothèse. Celle-ci est l’objet de changements incessants, pour au moins deux raisons.
-Il est toujours possible de changer les paramètres de l’expérimentation. Le savoir validé par une expérience peut être remis en cause par une expérience future, dans laquelle les paramètres ont variés : intensité, pression, vitesse.
-Elle dépend de l’hypothèse préalable et des outils d’expérimentation et de mesure. Elle est donc dépendante de l’évolution des outils conceptuels et techniques d’une époque. L’évolution des techniques et des connaissances laisse la porte ouverte à des expériences futures inédites. Ainsi, une expérience réussie peut être contredite par une expérience plus complexe, quelques années après. Cette structure du savoir scientifique interdit donc toute certitude, elle conserve au creux de tout savoir, une poche de doute, de remise en cause potentielle. Au fil des avancées, il est nécessaire de toujours, à nouveaux « essayé, contrôlé, critiqué » encore.
Ces variations expérimentales toujours possibles permettent de distinguer savoir scientifique et connaissance commune dans la deuxième partie.
La connaissance commune s’en remet aux expériences habituelles, aux usages communs des choses pour se développer et se satisfaire d’elle-même. Elle repose sur l’évidence de l’habitude et la satisfaction des besoins immédiats. Le soleil décrit un arc de cercle au-dessus de nos têtes, il semble bien que le soleil tourne autour de la terre. Cette connaissance suffit à expliquer le phénomène à partir de l’expérience la plus courante et à prévoir la succession des jours et des nuits. Par contre, la science ne s’en remet pas à l’expérience immédiate et commune, elle va plus loin, au-delà. Elle « déborde le champ des expériences anciennes » et toujours identiques, provoque des expériences inédites en changeant les paramètres. Elle ne se satisfait pas de la réponse commune, elle fait de nouvelles hypothèses et entend les vérifier.
La connaissance scientifique n’est donc pas la connaissance commune, et cependant elle ne se présente pas comme un nouvel ensemble de certitudes : un dogmatisme, troisième partie. Le dogmatisme désigne l’attitude de l’esprit qui s’accroche à des certitudes éternelles sans pouvoir démontrer ou montrer, la religion est généralement son espace. Si la science remet en cause les connaissances communes, elle risque de prétendre apporter des certitudes parce que vérifiées expérimentalement. Non, nous dit l’auteur. Le dogmatisme est un obstacle au développement scientifique. Il suscite le malaise quand une expérience nouvelle le remet en cause. La certitude doit laisser place à un doute potentiel. La science se construit sur un horizon d’incertitude, une possibilité toujours ouverte de nouveautés, d’approfondissements inattendus. La première partie nous a expliqué pourquoi.
Le texte peut se terminer comme il a commencé en soulignant la détermination essentielle du savoir scientifique : « critiquer sans cesse son propre savoir ». Cependant, peut-on faire honneur à cette prétention de l’esprit à accéder à des certitudes absolues, nécessaires et universelles? La démarche intellectuelle ne doit alors plus s’appuyer sur l’induction mais la déduction. Nous passons des sciences expérimentales aux sciences formelles : mathématiques et logique.
L’évolution incessante des sciences expérimentales, comme le souligne Bachelard, est à chercher dans les limites de toutes expériences. D’un point de vue philosophique et non plus épistémologique, Kant nous explique ces limites. Toute expérience ne peut être que particulière, elle est attachée à un lieu et un espace. Elle nous apprend ce qui fut et ce qui est, non ce qui sera toujours ou ce qui doit être. L’induction qui consiste à formuler une loi générale à partir d’une expérience répétée ne peut donc être généralisée. Ce n’est pas parce que je n’ai jamais vu de cygne noir que les cygnes noirs n’existent pas. Si nous l’affirmons, nous faisons « une extension arbitraire de valeur ». La conclusion d’une expérience, même renouvelée, n’est pas absolument vraie, elle ne peut être que probable. C’est ainsi que l’on dit qu’une théorie scientifique est valide… le temps que des expériences plus poussées la remettent en cause. La Mécanique de Newton devient un cas particulier de la Relativité d’Einstein, explication des phénomènes à petites vitesses et à petites distances.
Mais le génie de l’Antiquité grecque fut de dépasser cette limite inhérente à ce mode de connaissance par les mathématiques. Elles ne reposent plus sur l’expérience. En effet, dans une équation, la variable x peut représenter tout et n’importe quoi. La référence à un objet est superflue. Les mathématiques sont une science formelle parce qu’elle s’attache à la forme du raisonnement. Son objet, les êtres mathématiques comme le point, le nombre imaginaire, n’a plus rien à voir avec une chose observable.
Se détournant volontairement de toute expérience sensible avec le formalisme qui se développe au 19e siècle, les mathématique n’ont recours qu’à l’évidence des axiomes et la cohérence de la déduction, évidence et cohérence qui s’imposent à tout esprit. La logique désigne l’ensemble des règles qui assurent la cohérence de la déduction. Le théorème déduit d’un ensemble d’axiomes s’impose à l’esprit : il est donc nécessaire, et cette contrainte rationnelle est reconnue par tout esprit doué de raison : le théorème est universel. Ainsi les mathématiques proposent une connaissance qui ne fait plus place au doute quand elle a défini ses axiomes et ses relations logiques. Le système des nombres naturels de Péano est arrivé à un tel degrés de concision et de cohérence que son évolution ultérieure semble exclue. Il se suffit à lui-même.
Contrairement à ce que nous pensons habituellement, la science ne nous livre pas des certitudes, mais des connaissances sujettes à évolution. Cette limite est sa richesse, elle s’approfondit sans cesse. Seule, les mathématiques qui abandonnent le sol de l’expérience, peuvent prétendre à un savoir universel et nécessaire quand elles prennent la concision des axiomatiques contemporaines.

Les sept savoirs de l'éducation du futur

Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture
Les sept savoirs
nécessaires à l’éducation du futur
Edgar Morin 1999
http://cap.qc.ca.edu/2007/11/14/le-capitalisme-academique-a-l’universite-d’ottawa-«-de-la-valorisation-de-la-connaissance-a-la-creation-de-valeur-»/
SOMMAIRE

Avant-propos
Ce texte se veut antérieur à tout guide ou précis d’enseignement. II
ne traite pas de l’ensemble des matières qui sont ou devraient être
enseignées : ii tient à exposer seulement et essentiellement des problèmes
centraux ou fondamentaux, qui demeurent totalement ignorés ou oubliés,
et qui sont nécessaires à enseigner dans le siècle futur.
Il y a sept savoirs « fondamentaux » que l’éducation du futur devrait
traiter dans toute société comme dans toute culture, sans exclusive ni
rejet, selon modes et règles propres à chaque société et chaque culture.
Ajoutons que le savoir scientifique sur lequel s’appuie ce texte pour
situer la condition humaine est non seulement provisoire, mais encore
débouche sur de profonds mystères concernant l’Univers, la Vie, la
naissance de I’Etre humain. Ici s’ouvre un indécidable dans lequel
interviennent les options philosophiques et les croyances religieuses, à
travers cultures et civilisations.
Les sept savoirs nécessaires
Chaoitre 1 : Les cécités de la connaissance : l’erreur et l’illusion
i Il est remarquable que l’éducation qui vise à communiquer les
connaissances soit aveugle sur ce qu’est la connaissance humaine,
ses dispositifs, ses infirmités, ses difficultés, ses propensions à
l’erreur comme à l’illusion, et ne se préoccupe nullement de faire
connaître ce qu’est connaître.
k En effet, la connaissance ne peut être considérée comme un outil
ready made, que l’on peut utiliser sans examiner sa nature. Aussi la
connaissance de la connaissance doit-elle apparaître comme une
nécessité première qui servirait de préparation à l’affrontement des
risques permanents d’erreur et d’illusion, quine cessent de parasiter
l’esprit humain. Il s’agit d’armer chaque esprit dans le combat vital
pour la lucidité.
k Il est nécessaire d’introduire et de développer dans l’enseignement
l’étude des caractères cérébraux, mentaux, culturels des
connaissances humaines, de ses processus et de ses modalités, des
dispositions tant psychiques que culturelles qui lui font risquer
l’erreur ou l’illusion.
Chacîitre II : Les principes d’une connaissance pertinente
k Il y a un problème capital, toujours méconnu, qui est celui de la
nécessité de promouvoir une connaissance capable de saisir les
problèmes globaux et fondamentaux pour Y inscrire les
connaissances partielles et locales.
J+ La suprématie d’une connaissance fragmentée selon les disciplines
rend souvent incapable d’opérer le lien entre les parties et les
totalités et doit faire place à un mode de connaissance capable de
saisir ses objets dans leurs contextes, leurs complexes, leurs
ensembles.
k Il est nécessaire de développer l’aptitude naturelle de l’esprit
humain à situer toutes ses informations dans un contexte et un
ensemble. Il est nécessaire d’enseigner les méthodes qui permettent
de saisir les relations mutuelles et influences réciproques entre
parties et tout dans un monde complexe.
Chapitre III : Enseigner la condition humaine
P L’être humain est à la fois physique, biologique, psychique, culturel,
social, historique. C’est cette unité complexe de la nature humaine
qui est complètement désintégrée dans l’enseignement, à travers les
disciplines, et il est devenu impossible d’apprendre ce que signifie
être humain. Il faut la restaurer, de façon à ce que chacun, où qu’il
soit, prenne connaissance et conscience à la fois de son identité
complexe et de son identité commune avec tous les autres humains.
‘r Ainsi, la condition humaine devrait être un objet essentiel de tout
enseignement.
2; Ce chapitre indique comment il est possible, à partir des disciplines
actuelles, de reconnaître l’unité et la complexité humaines en
rassemblant et organisant des connaissances dispersées dans les
sciences de la nature, les sciences humaines, la littérature et la
philosophie, et de montrer le lien indissoluble entre l’unité et la
diversité de tout ce qui est humain.
Chapitre IV : Enseigner l’identité terrienne
‘i Le destin désormais planétaire du genre humain est une autre réalité
clé ignoré par l’enseignement. La connaissance des développements
de l’ère planétaire qui vont s’accroître dans le XXI’ siècle, et la
reconnaissance de l’identité terrienne, qui sera de plus en plus
indispensable pour chacun et pour tous, doivent devenir un des
objets majeurs de l’enseignement.
k Il convient d’enseigner l’histoire de l’ère planétaire, qui commence
avec la communication de tous les continents au XVI” siècle, et de
montrer comment sont devenues inter-solidaires toutes les parties
du monde sans pourtant occulter les oppressions et dominations qui
ont ravagé l’humanité et n’ont pas disparu.
> Il faudra indiquer le complexe de crise planétaire qui marque le XXe
siècle, montrant que tous les humains, désormais confrontés aux
mêmes problèmes de vie et de mort, vivent une même communauté
de destin.
Chapitre V : Affronter les incertitudes
k Les sciences nous ont fait acquérir beaucoup de certitudes, mais
nous ont également révélé au cours du XXe siècle d’innombrables
domaines d’incertitudes. L’enseignement devrait comporter un
enseignement des incertitudes qui sont apparues dans les sciences
physiques (microphysiques, thermodynamique, cosmologie), les
sciences de l’évolution biologique et les sciences historiques.
> Il faudrait enseigner des principes de stratégie, qui permettent
d’affronter les aléas, l’inattendu et l’incertain, et de modifier leur
développement, en vertu des informations acquises en cours de
route. Il faut apprendre à naviguer dans un océan d’incertitudes à
travers des archipels de certitude.
‘t La formule du poète grec Euripide, vieille de vingt-cinq siècles, est
plus actuelle que jamais : « L’attendu ne s’accomplit pas, et à
l’inattendu un dieu ouvre la porte ». L’abandon des conceptions
déterministes de l’histoire humaine qui croyaient pouvoir prédire
notre futur, l’examen des grands événements et accidents de notre
siècle qui furent tous inattendus, le caractère désormais inconnu de
l’aventure humaine doivent nous inciter à préparer les esprits à
s’attendre à l’inattendu pour l’affronter. Il est nécessaire que tous
ceux qui ont la charge d’enseigner se portent aux avant-postes de
l’incertitude de nos temps.
Chapitre VI : Enseigner la compréhension
> La compréhension est à la fois moyen et fin de la communication
humaine. Or, l’éducation à la compréhension est absente de nos
enseignements. La planète nécessite dans tous les sens des
compréhensions mutuelles. Etant donné l’importance de l’éducation à
la compréhension, à tous les niveaux éducatifs et à tous les âges, le
développement de la compréhension nécessite une réforme des
mentalités. Telle doit être l’oe uvre pour l’éducation du futur.
‘k La compréhension mutuelle entre humains, aussi bien proches
qu’étrangers, est désormais vitale pour que les relations humaines
sortent de leur état barbare d’incompréhension.
k D’où la nécessité d’étudier l’incompréhension, dans ses racines, ses
modalités et ses effets. Une telle étude est d’autant plus nécessaire
qu’elle porterait, non sur les symptômes, mais sur les causes des
racismes, xénophobies, mépris. Elle constituerait en même temps
une des bases les plus sûres de l’éducation pour la paix, à laquelle
nous sommes attachés par fondation et vocation.
Chapitre VII : L ‘éthique du genre humain
i=- L’enseignement doit amener à une « anthropo-éthique » par la
considération du caractère ternaire de la condition humaine, qui est
d’être à la fois individu 4-b société < + espèce. Dans ce sens, l’éthique
individu/espèce nécessite un contrôle mutuel de la société par
l’individu et de l’individu par la société, c’est-à-dire la démocratie ;
l’éthique individu ++ espèce appelle au XXIe siècle la citoyenneté
terrestre.
F L’éthique ne saurait être enseignée par des leçons de morale. Elle
doit se former dans les esprits à partir de la conscience que
I’humain est à la fo&is individu, partie d’une société, partie d’une
espèce. Nous portons en chacun de nous cette triple réalité. Aussi,
tout développement vraiment humain doit-il comporter le
développement conjoint des autonomies individuelles, des
participations communautaires et de la conscience d’appartenir à
l’espèce humaine.
k A partir de cela s’esquissent les deux grandes finalités éthicopolitiques
du nouveau millénaire : établir une relation de contrôle
mutuel entre la société et les individus par la démocratie, accomplir
I’Humanité comme communauté planétaire. L’enseignement doit
contribuer, non seulement à une prise de conscience de notre Terre-
Patrie, mais aussi permettre que cette conscience se traduise en une
volonté de réaliser la citoyenneté terrienne.

Connaissance à valeur ajoutée !

Le capitalisme académique à l’Université d’Ottawa : « De la valorisation de la connaissance à la création de valeur »
http://cap.qc.ca.edu/2007/11/14/le-capitalisme-academique-a-l%E2%80%99universite-d%E2%80%99ottawa-%C2%AB-de-la-valorisation-de-la-connaissance-a-la-creation-de-valeur-%C2%BB/
Éducation 14 novembre 2007
L’inauguration récente d’un pavillon au nom de Paul Desmarais à L’Université d’Ottawa nous inquiète quant à la mutation du rôle de l’Université dans « l’économie du savoir ». Lorsque l’État réduit son financement, on constate que l’institution tend à se commercialiser et à entrer dans une logique de « capitalisme académique », où la connaissance n’est plus transmission de culture, mais un instrument servant à la création de valeur marchande.À l’Université d’Ottawa, le recteur Gilles Patry reconnaît que le sous-financement public provoque une dépendance croissante vis-à-vis des fonds privés. C’est pourquoi des donateurs sont invités à investir en retour de considérations futures, dont l’attribution de leur nom à un édifice ou à un département. Parmi ceux-ci, Paul Desmarais, magnat financier influent du secteur des communications, et Ian Telfer, président du conseil d’administration de Goldcorp, société minière canadienne qui “a été mise à l’amende par le gouvernement hondurien pour les actions d’une de ses filiales […] qui a été accusée de pollution à l’arsenic et au cyanide dans la région autour de la mine à ciel ouvert de San Martin”. (Embassy Mag, 19 sept. 2007).
Privatisation de l’espace universitaire
On peut constater que l’emprise grandissante du financement privé s’accompagne d’une commercialisation de l’espace public universitaire. Il suffit d’une brève visite sur le campus universitaire pour s’en convaincre. En lieu et place d’un café étudiant, le pavillon Desmarais s’est doté d’un Starbucks. La bibliothèque, quant à elle, a remplacé des espaces de travail par un Second Cup. Des étudiants qui protestaient lors de l’inauguration du Desmarais se sont vus refuser l’accès à notre université par les policiers et les agents de sécurité, sous prétexte que l’université est maintenant « une propriété privée ».
Nous déplorons que le campus universitaire ressemble de plus en plus à un centre commercial privé où les clients viennent acheter des connaissances instrumentales qui en feront de bons producteurs de contenu pour « l’économie du savoir ». La plupart d’entre nous serons réorientés dans des domaines techniques pour y acquérir les capacités d’être de bons gestionnaires flexibles sur le marché du travail.
Le capitalisme académique
« Partenariat, gouvernance, excellence, innovation » : le langage managérial de nos administrateurs trahit déjà la mutation de l’institution universitaire en organisation dont le rôle est de gérer des flux de savoir en réponse immédiate à l’offre et à la demande de main d’oeuvre. Nous sommes en droit de nous demander si l’Université n’est pas en voie de se détourner alors de sa mission fondatrice (transmission d’une culture humaniste et critique) pour se brancher directement sur l’appareil productif.
À cet égard, le slogan du bureau de valorisation de la recherche et de transfert de la technologie de l’Université d’Ottawa, « De la valorisation de la connaissance à la création de valeur » , s’avère révélateur de la mise place d’une logique de « capitalisme académique ». Ce bureau a pour rôle de « créer des partenariats stratégiques qui encouragent l’innovation, tout en facilitant le développement technologique et la commercialisation, afin de fournir aux chercheurs de l’Université d’Ottawa des services qui augmentent la visibilité de leurs recherches. »
Pour atteindre ces objectifs, le plan stratégique « Vision 2010 » de l’université appelle au développement des « avantages concurrentiels ». De plus en plus, le corps professoral se tranforme en agrégat d’entrepreneurs-chercheurs qui doit prouver son excellence, sa capacité d’innovation et son potentiel de leadership…ce qui se mesure au nombre de subventions obtenues. Les étudiantEs sont appelé-e-s à investir dans leur potentiel ou « capital humain » afin de le faire fructifier à la Bourse des existences. Est-ce un hasard si la campagne de recrutement de l’Université d’Ottawa 2006-2007 avait pour thème : « I invest in myself » ?
Société planétaire ou fin de la liberté académique?
Les administrateurs de nos universités nous appellent à être des « citoyens du monde » dans une « société planétaire ». Mais quelle est au juste cette « société » à laquelle on nous somme de nous adapter sinon cette sphère d’échanges impersonnels où transitent des flux de savoir qui se transforment en flux de capitaux?
Alors que sa mission devrait favoriser chez chaque individu autonome l’émergence d’un rapport critique au réel, lui-même ancré dans le partage d’un monde commun, l’Université tend de plus en plus à produire des personnes-objets dotées des capacités de s’adapter sans broncher aux sursauts de l’environnement économique « objectif ».
L’économie devient donc l’instance qui mène le monde, et les universités sont à sa remorque. Ceux qui refusent de se soumettre à cette logique darwinienne seront vite laissés derrière dans un nuage de poussière. C’est pourquoi, dans le capitalisme académique, les institutions universitaires perdent leur autonomie, et cela vaut aussi pour ceux et celles qui les fréquentent. Et c’est pourquoi nous craignons pour la liberté de penser.
Jean-François Bissonnette, doctorat en pensée politiqueTina Lafrance, maîtrise en pensée politique et présidente de l’Association des Étudiant(e)s Diplômé(e)s en Études Politiques (AÉÉDÉP)Marie-Hélène Choinière, maîtrise en pensée politiqueRené Lemieux, doctorat en pensée politiqueEric Mallette, maîtrise en pensée politiqueEric Martin, doctorat en pensée politiqueMaxime Ouellet, doctorat en pensée politiqueJulie Paquette, doctorat en pensée politiqueMartin Parrot, maîtrise en pensée politiqueOlivier Roy, maîtrise en politique canadienneSeamus Wolfe, vice-président aux affaires universitaires, Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa.

mardi 8 juillet 2008

La fonction critique de la connaissance

N'oubliez pas de libeller l'axe 2 par le mot "Critique"